Bienvenue dans la rubrique « Mini-Chimie » !
Dans les derniers articles, nous avons abordé divers sujets relatifs à la Physiologie de la Nutrition ; nous lançons aujourd'hui une nouvelle série consacrée à la Chimie Alimentaire, intitulée Minichimica. À travers cette mini-rubrique, nous défaireons les idées reçues et analyserons d'un œil scientifique les molécules essentielles à notre entraînement et notre nutrition.
Commençons par la reine des compléments alimentaires : la Créatine.
D'un point de vue chimique, il ne s'agit pas d'une protéine, mais d'un dérivé d'acides aminés synthétisé à partir de trois acides aminés : l'arginine, la glycine et la métionine. Notre corps la produit naturellement (principalement dans le foie) et la stocke à 95 % dans les muscles sous forme de Phosphocréatine.

À quoi sert-elle concrètement ?

Lorsque vous fournissez un effort explosif et maximal (comme une répétition lourde ou un sprint), les cellules consomment instantanément l'énergie disponible (l'ATP). La phosphocréatine intervient alors en cédant son groupe phosphate pour régénérer l'ATP en quelques secondes.
Plus vos réserves musculaires en créatine sont élevées, plus vous pourrez maintenir cette intensité maximale avant l'apparition de la fatigue. De plus, elle attire l'eau à l'intérieur de la cellule musculaire (hydratation intracellulaire), rendant le muscle biochimiquement plus efficace et plus fort.
La chimie appliquée à la pratique : 3 choses à savoir
1. La chimie dans l'assiette (Les sources) : La créatine se trouve principalement dans la viande rouge et le poisson. Cependant, pour obtenir une dose efficace d'environ 4 à 5 grammes, il faudrait consommer près d'un kilo de viande de bœuf crue. Peu pratique (et peu digestible) avant de se rendre en salle de sport : c'est pourquoi la supplémentation est la voie la plus logique.
2. Attention à la stabilité (Créatine vs Créatinine) : Une curiosité de laboratoire : en milieu aqueux et à température ambiante, la créatine est instable. Elle subit une réaction de cyclisation spontanée et irréversible, se transformant en créatinine, un déchet métabolique éliminé par les reins. Règle d'or : ne préparez pas votre shaker des heures à l'avance, buvez-le immédiatement.
3. Comment pénètre-t-elle dans le muscle ? (Le transporteur et l'insuline) : Cette molécule n'entre pas dans les cellules musculaires par magie ; elle traverse la membrane grâce à un transporteur spécifique dépendant du sodium et du chlore (nommé CreaT). Ce processus est fortement stimulé par l'insuline. C'est pourquoi la consommer avec une portion de glucides améliore son assimilation cellulaire grâce au pic d'insuline.
À bientôt pour le prochain article de Minichimica et bon entraînement !
Source : Basé sur les notes du cours de Chimie Alimentaire (Faculté de Pharmacie).
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